HORTILLONNAGES 2011 AMIENS


UN PATRIMOINE EN DANGER

Le Conseil de la création artistique a souhaité soutenir cette expérimentation singulière associant patrimoine naturel et jeune création. Ce patrimoine en voie de disparition recevra un nouveau souffle grâce à la créativité de jeunes artistes du 24 juin au 15 octobre 2011.

Historique d'un patrimoine écologique et culturel menacé

La ville d’Amiens a connu, au cours de son histoire, de multiples destructions, celles provoquées, notamment, par différentes guerres. En 1940, par exemple, 70 % du centre historique de la ville a brûlé. La cathédrale, alors miraculeusement épargnée, et le site des hortillonnages, représentent aujourd’hui les deux symboles patrimoniaux de cette ville.

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Identité et patrimoine des Amiénois et de la Picardie

Il y a deux mille ans, 10 000 hectares de marais s’étendaient aux portes de Samarobriva, la cité des Ambianis. Jadis considérée impénétrable, longtemps insalubre, cette zone marécageuse, a été assainie, drainée, défrichée, aménagée en parcelles de terre sorties de l’eau. Ces jardins flottants sont devenus un espace de production maraîchère, avec une fonction nourricière pour la cité, grâce à leur terre riche, une tourbe nourrie des eaux de la Somme et de l’Avre. Des « hortulani dans des hortellus », «des jardiniers dans des petits jardins », voilà comment les soldats romains avaient baptisé les hortillonnages d’Amiens et les maraîchers. Les hortillonnages ont été cultivés tout au long de l’histoire de la cité amiénoise, de manière particulièrement intensive au Moyen-Âge, parvenant à faire travailler jusqu’à un millier de personnes au 19e siècle. On l’appelait « la Venise des légumes».
Aujourd’hui, ce marais de 300 hectares, où l’eau occupe une centaine d’hectares, s’étend du coeur de la ville (au pied de la cathédrale) jusqu’aux communes alentours (Camon, Rivery, Longueau…), mais il ne fait plus vivre que sept hortillons (maraîchers professionnels n’utilisant pas d’engrais et de pesticide pour cultiver ses légumes) qui exploitent 25 hectares et vendent leur production sur les marchés et à la grande distribution. Des jardins d’agrément et privatifs s’étendent sur une trentaine d’hectares et ailleurs, la friche reprend ses droits sur les zones non cultivées.
L’existence des hortillonnages, volet essentiel de l’histoire des Amiénois, est totalement dépendante de l’activité humaine, et l’abandon de l’entretien des parcelles représente un véritable danger pour cet espace insolite, poétique et unique.

Une dimension naturelle, un site protégé
Avant l’ère des politiques environnementales, les hortillonnages remplissaient déjà des fonctions écologiques et agricoles essentielles. Une multitude d’espèces animales, des oiseaux, des poissons et même des écrevisses en ont fait leur havre de paix. Tout au long des kilomètres de canaux, on observe sur le site, un véritable écosystème dans lequel les maraîchers exercent une agriculture essentiellement biologique.

Une dimension touristique qui contribue au rayonnement international d’Amiens
C’est le deuxième pôle touristique d’Amiens après la cathédrale. Des barques sillonnent les canaux entre avril et novembre pour faire découvrir cet espace protégé à de nombreux visiteurs. (100 000 par an) qui déambulent ainsi ou randonnent, à pied ou à bicyclette, sur les chemins des hortillonnages. Parmi eux, on dénombre 30 % de touristes étrangers, et cette enclave naturelle reste, avant tout, la promenade préférée des Amiénois.

SOUTENIR LA JEUNE CREATION

Si on comprend aisément que les hortillonnages constituent une ressource écologique privilégiée, il convient de souligner qu’ils dégagent une beauté et une poésie envoûtantes et inspirent immédiatement l’imaginaire des artistes. La Maison de la culture d’Amiens invite de jeunes artistes à pénétrer ce paysage poétique en intervenant artistiquement in situ. Cette démarche offrira la possibilité de sauver des parcelles du retour à la friche, permettra une nouvelle lecture du paysage et sensibilisera un large public.
La participation de paysagistes et de plasticiens s’avère une évidence pour donner forme à ce projet. En effet, leur contribution participera à donner une identité complémentaire à cet espace fragile.

Des paysagistes

Des parcelles en friches sont confiées à des paysagistes issus des écoles nationales françaises du paysage (Blois – Versailles) mais aussi d’Angleterre et de Belgique (Gembloux). Ces paysagistes travailleront avec les maraîchers, qui cultivent et vivent sur ce territoire toute l’année et souvent depuis plusieurs générations. Pour l’aménagement de ces jardins, ils recevront l’aide
de jeunes en chantier d’insertion, d’élèves de lycées agricoles et de jardiniers de la ville. Les paysagistes pourront ainsi participer à réhabiliter des parcelles à l’abandon en proposant des aménagements qui conjuguent environnement, esthétisme et pédagogie. Ces jardins paysagers pourront être visités par le public, soit par voie pédestre, en circulant par le chemin de halage, soit par voie d’eau, en utilisant les 15 barques à moteur électrique (silencieux et non polluants) de la Maison de la Culture pouvant transporter chacune sept personnes et leur permettant de se déplacer d’un îlot à l’autre.

Des plasticiens
Des plasticiens seront invités à créer leurs oeuvres, en lien et contrepoint des jardins paysagers prenant en compte la faune, la flore et l’activité humaine propre à cet espace. Sur l’eau et sur les parcelles investies par les paysagistes, les oeuvres des plasticiens s’inscriront donc, elles aussi, dans le paysage.
L’ensemble de ces installations et aménagements donnera lieu à des visites, proposées de juin à octobre, à faire à pied ou en barque, intitulées « déambulations environnementales ».

Des performances
Si les oeuvres des paysagistes et des plasticiens s’inscrivent dans la durée, d’autres propositions, plus éphémères, seront aussi proposées sur les parcelles. Une programmation de performances musicales, circassiennes ou poétiques, sera présentée sur les jardins paysagers en journée ou en soirée, sous des formes qui prendront bien évidemment en compte l’intimité et la fragilité du lieu (sur 2 ou 3 week-ends).
Une île dédiée aux musiques pourra accueillir chaque soir 500 personnes lors du week-end inaugural et sera équipée d’une conque acoustique pour permettre au public d’apprécier les concerts dans les meilleures conditions d’écoute. Par ailleurs, plusieurs commandes d’oeuvres seront passées auprès de jeunes compositeurs.

UN PROJET FAVORISANT LA RENCONTRE DE NOUVEAUX PUBLICS

Ce projet, porté par la Maison de la Culture d’Amiens, est ouvert à tous les publics et s’attachera particulièrement à impliquer ceux qui n’ont pas, pour des raisons diverses (culturelles, économiques, géographiques), de pratiques culturelles développées. Un travail important sera donc entrepris pour faire le lien avec le secteur associatif ainsi qu’avec la communauté scolaire. Le service des relations publiques de la Maison de la culture d’Amiens sera mobilisé à cet effet.

Les partenaires associatifs et éducatifs

Le secteur associatif
Ce projet se fera en lien avec les nombreuses associations de sauvegarde des hortillonnages. Par ailleurs, la sensibilisation des associations sera prioritaire, particulièrement celles s’adressant aux enfants et aux jeunes.

Le secteur éducatif
L’enjeu écologique et artistique de ce projet induit de fait une dimension pédagogique qui sera l’occasion de multiples partenariats avec le secteur scolaire, tant au niveau primaire que secondaire et supérieur. Le rectorat sera sollicité pour que des actions de formation en direction des enseignants, soient mises en place et favorisent les visites et projets pédagogiques d’établissements. L’enseignement agricole sera particulièrement sollicité puisque certains élèves s’impliqueront dans la réalisation des jardins.
L’enseignement supérieur sera grandement impliqué grâce à une mobilisation des enseignants et en soutenant certains projets d’étudiants issus de la Faculté des Arts, de l’école supérieure d’Art et de Design, de l’école supérieure d’ingénieurs, de Sup de Co Amiens. Le conservatoire de musique d’Amiens sera largement associé à ce projet et notamment pour le volet des performances musicales.


Ce projet suscite un intérêt évident auprès de différents Partenaires car il concerne un espace auquel les Amienois sont très attachés et parce qu’il s’inscrit dans un questionnement écologique, social et culturel qui mobilise de nombreux acteurs.


Pour en savoir plus sur le projet Hortillonnages 2011, voir le site de la Maison de la Culture d'Amiens.